Pôle international de recherche en musicothérapie

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  • Parution de la Revue de Musicothérapie / Musique Thérapie Communication n°62

    Éditorial M.T.C. 62Revue MTC 62-2

    Beaucoup de choses évoluent tant dans l’approche des situations que dans l’action éducative. Il est indéniable que le terme musicothérapie fait partie du langage courant.

    Ce que nous avançons depuis déjà longtemps concernant les aspects positifs de l’utilisation des éléments constitutifs de la musique, en insistant sur le bien-être des sujets, la meilleure adaptation (socialisation), la disparition de certaines difficultés (milieu scolaire), le travail sur l’attention, la mémoire, la succession, l’échange… est maintenant parfaitement admis. On peut même ajouter que ces aspects sont compris aussi dans des domaines à l’écart de l’action sociale.

    Ainsi, dans l’application relative à la gestion du stress… s’il est vrai que la musicothérapie peut très bien améliorer tout ce qui est du domaine de la relation dans une équipe, faire reprendre conscience de ses potentialités, de mieux gérer le quotidien, de favoriser la créativité, l’entreprise, quant à elle, trouve son compte dans la mesure où on peut noter l’absence de problèmes et une activité régulière. Il y a une notion de rentabilité… Mais, est-ce condamnable ?

    En réalité cet aspect des choses n’est pas nouveau. Il ne faut pas oublier qu’on a pensé dès le départ, à utiliser la musique dans la sphère industrielle. Par exemple, en 1937, Wyatt et Langdon analysèrent « l’impact de la musique sur la productivité, l’ennui et la fatigue » (Contrôle. Comment s’inventa l’art de la manipulation sonore. Juliette Volcler. Éd. La Découverte/Cité de la musique).

    Par suite, comme on l’a déjà souligné, il y eut des travaux réalisés aux Etats-Unis dans les hôpitaux accueillant des blessés, traumatisés de la première guerre mondiale.

    Dans ce numéro, deux textes. Tout d’abord « Intégration scolaire, épanouissement de l’enfant ; la musicothérapie à l’école », suite de l’article de Cécile Aubert. L’accent est mis sur l’adhésion et la participation des sujets, choses indispensables pour obtenir de réelles améliorations. Ensuite, Salwa Nakhlé dans « Créer du lien » résume fort bien l’action : « La notion de prendre soin représente pour moi un lien fort entre mes trois métiers : infirmière, musicothérapeute et musicienne ». Une « mise en poème » Destination soi-même, de Roland Vallée nous emporte dans la musique des mots.

    L’aperçu de Byblos en couverture, est à la fois un petit signe à nos partenaires Libanais et une confirmation de l’importance de la musique et des multiples usages qu’on a pu en faire. Cette ancienne cité de Phénicie nous remet en mémoire que la musique des Phéniciens « se divisa en autant de branches et forma autant de systèmes particuliers qu’il y eut de sectes. » (Fabre d’Olivet) Chaque secte donna donc un nom au peuple dominant qui adopta une musique de préférence (on trouve là l’origine des modes lydien, phrygien, dorien, ionien…) Bien entendu tout ceci était aussi en lien avec des images (faculté génératrice, liberté, nature féminine, liberté…)

    Mon souhait est que, en possession de textes théoriques précis, nous donnions maintenant priorité (dans un contexte pluridisciplinaire) à la mise en pratique.

    G.D.

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  • Le pouvoir magique de la musique sur les aînés [Article]

    La clarinette, la guitare et la contrebasse entament un classique de jazz rétro de La Nouvelle-Orléans. C’est l’une de ces pièces que l’on imagine jouées dans un bar enfumé des années 1920, au petit matin. Pourtant, nous sommes en plein après-midi, dans la salle communautaire d’un centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) de Cartierville.

    [Lire la suite sur ledevoir.com]

  • Autisme : les bienfaits de la musicothérapie [vidéo + article]

    La musicothérapie est proposée depuis de nombreuses années à des personnes atteintes de troubles du spectre autistique. Mais il n’est pas toujours facile d’évaluer scientifiquement les effets de ce type de prise en charge. En 2015 dans la région nantaise, une trentaine d’enfants ont participé à une étude encadrée par le Pr Olivier Bonnot, pédopsychiatre au CHU de Nantes. En quoi consistent les séances de musicothérapie ?

    [lire la suite sur allodocteurs]

  • Techniques d’improvisation cliniques en musicothérapie / D. Carroll et C. Lefebvre

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    Techniques d’improvisation cliniques en musicothérapie : un guide pour les étudiants, les cliniciens et les éducateurs procure une approche claire et systématique pour comprendre et mettre en application les techniques d’improvisation. Ce guide est inspiré de la taxonomie des techniques d’improvisation clinique telle que décrite par Kenneth Bruscia dans son livre Improvisational Models of Music Therapy.

    Se basant sur plusieurs années de leur expérience personnelle d’enseignement de l’improvisation, les auteurs ont développé une séquence particulière de développement pour présenter des expériences solides introduisant des techniques de base en improvisation aux étudiants et en les appliquant à travers des exercices de jeux de rôles afin de permettre aux étudiants de canaliser leur musicalité dans l’art d’extemporané de l’improvisation. La première partie sert d’introduction aux techniques. La deuxième partie met l’accent sur la façon d’appliquer les techniques avec une intention clinique : satisfaire les divers besoins du client soit individuellement ou dans le contexte d’un groupe. À cette fin, des ressources musicales sont fournies ainsi que des directives et des références pertinentes pour travailler avec les réponses musicales et verbales du client.

    Ce guide d’expérimentation répond au besoin d’une approche claire et orientée sur le processus afin de comprendre et maitriser les techniques d’improvisation cliniques. Écrit dans un style compris non seulement par les étudiants en musicothérapie, les cliniciens et les éducateurs, mais également par les administrateurs des milieux de la santé, ce document donne un langage commun aux divers acteurs de la santé.

    POUR COMMANDER DES EXEMPLAIRES :

    √ Site Web : www.ambx.net
    √ Courriel : ambx@wanadoo.fr
    √ Téléphone: 05 56 95 31 49
    √ Télécopie : 05 56 95 23 78
    √ Adresse postale : 16, rue de Bigeau, 33290 Parempuyre, France

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  • صدرت للتو/ موسيقى، علاج، تواصل – ملحق لبنان / Vient de paraître / Revue de musicothérapie

    موسيقى – علاج – تواصل

    مجلة العلاج بالموسيقى

    إصدار خاصّ للبنان – كانون الثاني 2017

    ملخّص

    الإفتتاحيّة ص. 2

    ريتا صليبي شهوان ص. 5

    م.أ.، تثلث صبغي 21 والعلاج بالموسيقى

    بولين الحاج ص. 9

    العلاج بالموسيقى للأطفال الذين

    يواجهون صعوبات تعلّمية

    يارا بو كرم ص. 15

    العلاج بالموسيقى، لموسيقيّة أفضل…

    سندريلا عقيقي ص. 18

    العلاج بالموسيقى للأطفال

    اللاجئين والمعرّضين للأخطار

    صولانج يارد حداد ص. 22

    العلاج بالموسيقى في المدرسة

    رين شعيا ص. 28

    معالجة اللاجئين بالموسيقى

    لورا الزمتر ص. 33

    العلاج بالموسيقى، ديناميّة في التربية

    ريتا باسيل ص. 37

    العلاج بالموسيقى للمرضى الذين يعانون من

    إضطرابات نفسيّة مزمنة

    لارا شمعون، ص. 44

    أهمية اللعبة الموسيقيّة والحسيّة

    عند متابعة طفل مصاب بمرض التوحّد

    علي جواد ص. 63

    تطبيق العلاج بالموسيقى

    ضمن إطار نفسي إجتماعي

    ميشيلا هبر، ص. 69

    علاج النساء اللاجئات بالموسيقى

    Pour vous procurer la revue, veuillez cliquer ici

  • Mise à jour rubrique Stages / Ateliers

     

     

    Nous vous informons que de nouveaux stages ont été rajoutés sous l’onglet Atelier Bordeaux

  • Parution de la revue MUSIQUE – THÉRAPIE – COMMUNICATION n°59 – Juin 2016

    couverture_n_59

    REVUE DE MUSICOTHÉRAPIE
    N° 59 – JUIN 2016

    Ce numéro 59 débute par l’article « Les percussions polyrythmiques : des médiateurs pour l’accompagnement des personnes victimes d’un traumatisme crânien » de Kamel Hamza.

    Nous avons là un texte clair dans lequel l’auteur parle de jeu, de verbalisation d’affections cognitives, sociales et psychiques… autant de termes sur lesquels nous insistons en cours de formation.

    Dans l’absolu, parler de musicothérapie à un professionnel de la musique c’est d’une certaine façon lui faire violence ! En effet, il s’agit de dévier de son objectif la création musicale. Ceci n’empêche pas qu’il y ait des musiciens professionnels, des professeurs d’éducation musicale qui pratiquent aussi la musicothérapie.

    Marie-Laure Franc avec « Les caractères des tonalités et leur incidence sur le ressenti émotionnel » rassure d’une certaine façon (et se rassure peut-être ?) ceux qui craindraient que le musicothérapeute détruise l’art musical.

    Lauriane Ditaranto avec « Musicothérapie et troubles des fonctions cognitives » décrit des applications de la musicothérapie dans plusieurs services et notamment dans le cadre de la Maison des 4 (colocation expérimentale).

    Dans le Quotidien du Médecin du jeudi 14 avril 2016 on pouvait trouver un article, sous le bandeau « La marche du progrès », intitulé « Théâtre, rire, musique… Alzheimer des ateliers pour stimuler les patients ». Dans ce texte, un paragraphe : « Stimulation non-verbale, place de la musicothérapie » … article fort intéressant avec de jolies planches en couleur, montrant que les deux hémisphères cérébraux étaient largement impliqués dans la mémoire de la musique. Bien entendu, on ne peut qu’être satisfait de constater que ce que nous tentons de développer depuis fort longtemps soit bien exposé, expliqué et conseillé.

    Toutefois, je me suis tout de même posé la question de savoir s’il était nécessaire d’attendre d’être atteint de la maladie d’Alzheimer pour qu’on juge au moins utile de favoriser justement l’épanouissement de nos fonctions. Je voudrais que l’on réfléchisse un peu à ce que pourrait apporter l’éveil musical (je ne dis pas éducation musicale, qui est autre chose et que je ne condamne pas, loin de là !) étant absolument persuadé que s’il y avait cet éveil depuis la petite section de maternelle jusqu’à l’entrée en sixième, il y aurait très certainement moins d’échecs scolaires, tant sur le plan des acquisitions que sur le plan de la socialisation. Il se trouve qu’actuellement certains collèges mettent en place des actions, à partir de cet éveil, afin de venir en aide aux élèves en difficulté.

    Lorsque nous travaillons en application de musicothérapie que ce soit avec des enfants, des adolescents ou des personnes âgées, nous sommes aussi à l’écoute des phénomènes sociaux qui nous entourent. Il se trouve que certaines actions (mouvements sociaux par exemple) sont ressenties comme plus ou moins violentes et, pour certaines personnes, soit à travers le souvenir, soit à travers des propos entendus le rappel d’autres événements surgit. Mai 68 est revenu dans certains cas avec, bien entendu des chansons et l’une d’elles était du chanteur Évariste ! (Il y avait… entre autres choses… à calculer le clair de lune connaissant le clair de l’autre !). Moins connu qu’Antoine, ce scientifique a sorti quelques chansons provocatrices mais très vite s’est consacré à son métier de physicien. Le plus amusant de l’histoire est que ce scientifique a développé une théorie montrant « qu’à chaque acide aminé composant une protéine est associée une onde d’échelle qui peut être transcrite en note de musique », il a donné un nom à ceci : les protéodies. Rassurons-nous tout de suite il n’a jamais été question de musicothérapie ! Ayant eu la curiosité de me documenter… j’ai appris qu’on avait utilisé cette technique en viticulture ! Étant dans une région viticole où j’ai coutume de marcher écoutant les bruits de la nature, je suis allé enquêter dans un domaine appellation Margaux où mon ami Mohammed s’occupe d’une parcelle. Je lui ai demandé s’il pensait que le merlot poussait plus vite que le cabernet ou inversement en fonction de nos intonations … il a souri et poursuivi son travail.

    G.D.

     

    SOMMAIRE

    Éditorial p. 2

    Les percussions polyrythmiques :
    des médiateurs pour l’accompagnement des personnes victimes d’un traumatisme crânien
    Kamel Hamza p. 5

    Les caractères des tonalités et leur incidence
    sur le ressenti émotionnel
    Marie-Laure Franc p. 18

    Musicothérapie et troubles des fonctions cognitives
    Lauriane Ditaranto p. 38

    la revue est au prix de 5 euros
    pour vous la procurer cliquez ici

  • Projet musique en milieu psychiatrique : Compil Labo Sonore Mercury Vol 1

    Raphaël Bresler et Vincent Defresne, infirmiers psychiatriques à Tournai en Belgique, animent depuis plusieurs années, des activités musicales en milieu psychiatrique (écoute musicale, massage sonore). Ils ont notamment créé un studio d’enregistrement dédié au patients de leur unité. Ce petit studio de musique est un espace d’expression libre s’intéressant plus au potentiel créatif plutôt qu’à la symptomatologie que présente les patients.

    Cet atelier a permis la réalisation d’une compilation Compil Labo Sonore Mercury VOL 1 

    atelier sonore tournay belgique

    Des morceaux éclectiques (écrits et chantés par les pensionnaires des Tamaris), arrangés et accompagnés de musique du monde, jouée par les deux infirmiers musiciens voire par les patients eux-mêmes. Un magnifique projet qui a séduit puisque le Labo Sonore Mercury a reçu, parmi 20 projets en course, le Prix du Jury des Reintegration Awards.

    Vous pouvez vous faire une idée en vous rendant sur leur page Soundcloud (plateforme de créations sonores).

    Nous vous proposons ci-dessous d’écouter une de leur production.

    Pour plus d’informations sur le projet ou vous procurer la compilation, veuillez prendre contact avec raphaelbresler[at]gmail.com (n’oubliez pas de remplacer [at] par @, précaution anti-spam)

     

  • Fibromyalgie et musicothérapie par Vincent Lajus

    Merci à Mr LAJUS pour cet article mis à disposition gratuitement pour les adhérents du Pirem  (paru dans la revue Musique Thérapie et Communication n°56)

    DEUX SAISONS D’ATELIERS DE MUSICOTHERAPIE PARMI DES CURISTES-PATIENTS ATTEINTS DE FIBROMYALGIE. HÔPITAL THERMAL DE DAX, MAI 2012/DECEMBRE 2013 + THERMES BÉROT 2013

    par Vincent LAJUS, musicothérapeute.

    Fibromyalgie :

    Le mot « fibromyalgie » vient du latin fibra (« filament »), du grec ancien myos (« muscle ») et du grec ancien algos (« douleur »). (sources Wikipédia)

    La fibromyalgie, ou syndrome polyalgique idiopathique diffus (SPID), après avoir été considérée comme un syndrome, est une maladie caractérisée par un état douloureux musculaire chronique (myalgies diffuses) étendu ou localisé à des régions du corps diverses, qui se manifeste notamment par une allodynie (douleur) tactile et une asthénie (fatigue) persistante et pouvant devenir invalidante.(source Wikipédia)

    Les multiples causes non encore expliquées clairement provoquant les symptômes et développement de la fibromyalgie seraient longues à exposer dans cet article, tellement les avis sont nombreux et non tranchés sur la question. Le fait est que si beaucoup y voient une cause non génétique, ses nombreuses variantes ne permettent pas à l’heure actuelle de cibler clairement les maux à leur(s) source(s) ; d’où le terme de syndrome usité jusqu’à présent plutôt que maladie, même si la reconnaissance du mot maladie est maintenant acquise.

    De nombreuses analyses médicales effectuées auprès des patients ne démontrant non plus rien de significatif quant à l’origine du SPID, la question reste ouverte quant à une hypothétique guérison de la personne.

    Ceci a pour conséquence de diversifier les pistes qui pourraient soulager certains individus et de multiplier les approches thérapeutiques, chaque discipline, allopathique, émotionnelle et cognitive se complétant afin d’améliorer l’état général de la personne.

    Je pourrais néanmoins citer quelques familles de symptômes comme :

    • Les douleurs, diffuses ou localisées
    • Une fatigue intense
    • Des troubles du sommeil
    • Des troubles neurologiques divers
    • Un état dépressif
    • Des troubles du système digestif
    • Des troubles de la concentration, etc…

    Les personnes atteintes de fibromyalgie souffrent donc de multiples affections chroniques qui les handicapent lourdement dans leur quotidien, dans leur relation avec leur corps, leurs émotions et leur psychisme.

    Préambule

    Grâce au dévouement et à l’ouverture d’esprit des membres de l’association « Le Temps à Vivre » œuvrant au sein de l’Hôpital Thermal de Dax (40), j’ai eu la possibilité de préparer une série d’ateliers de musicothérapie destinés à inter-agir avec des personnes en cure de trois semaines (21 jours) ; la contrainte principale étant le peu de temps qui m’était imparti pour rentrer en relation avec ces personnes, soit un atelier collectif d’une heure par cure.

    Un questionnaire a été établi et remis aux personnes désirant participer afin de réaliser une étude durant les années 2012 et 2013.

    Le nombre de participants à chaque atelier a varié entre 10 et 17 personnes tout au long de la saison 1 (de Mai à Décembre). La deuxième saison, un maximum de dix personnes a été mis en place.

    Le même questionnaire a été remis aux participants des ateliers qui se sont déroulées aux Thermes Bérot de Dax en 2013, et inclus dans cet article.

    Voici donc relatés les objectifs mis en place, avec les protocoles, les tableaux de résultats, ainsi que l’expression de réponses qui m’ont été retournées.

    2012 : OBJECTIFS ET PROTOCOLES

    Parmi les multiples symptômes que présentent les patients-curistes de l’Hôpital Thermal de Dax, j’ai choisi d’axer mes ateliers sur trois objectifs de travail :

    1. La qualité du sommeil,
    2. La capacité de concentration,
    3. L’expression émotionnelle.

    J’ai minuté le déroulement des ateliers comme suit durant l’année 2012 :

    • de 0mn à 10mn : travail sur la respiration, le relâchement et la visualisation,
    • de 10mn à 50mn : travail sur l’expression vocale + bols tibétains,
    • de 50mn à 1h00 : essai de verbalisation et présentation du questionnaire.

    1 Travail sur la respiration, le relâchement et la visualisation

    Le cadre :

    Les participants sont assis sur des chaises ou en fauteuil roulant, en demi-cercle autour d’une table où sont disposés quatre Bols Tibétains. Les rideaux sont tirés afin d’obtenir une pénombre propice à l’introspection.

    Le déroulement :

    Je leur propose de fermer les yeux.

    La première phase consiste en un exercice de décontraction par de tout-petits mouvements (pour ceux qui le peuvent) des principales articulations et muscles, à savoir de bas en haut :

    les doigts de pieds, les chevilles, les genoux, la partie cuisse-fémur, le bassin (les hanches), le bas de la colonne vertébrale, le torse, les doigts, les poignets, les coudes, les épaules, les cervicales (le cou), la mâchoire puis la tête.

    Les personnes ne pouvant mouvoir telle ou telle partie de leur corps physique sont invitées à simplement les visualiser.

    Ensuite, les mains reposent sur les cuisses, parallèles.

    La phase suivante consiste en une série de trois à cinq respirations profondes, l’inspiration se faisant par le nez et l’expiration par la bouche.

    Chacun est invité à faire cet exercice à son propre rythme, sans tenir compte de celui du voisin.

    Pour atteindre une bonne technique, je préconise pendant l’inspiration de visualiser son ventre qui se gonfle lentement en direction des pieds. Le ventre se vide pendant l’expiration, tout aussi calmement et profondément.

    Deux techniques complémentaires permettent d’optimiser ce mouvement.

    La première consiste à marquer une courte pause en apnée deux à trois secondes (pour les débutants) entre chaque phase d’inspiration et d’expiration.

    La seconde consiste à visualiser l’air qui entre, fait son parcours jusqu’au ventre et ressort en filet en lui donnant une couleur, dorée par exemple.

    Cet exercice permet une baisse notable de la pression sanguine et un ralentissement du rythme cardiaque, tout en recentrant la personne sur elle-même.

    Il peut être pratiqué à tout moment, lors d’une période de stress ou de sensibilité douloureuse, par exemple.

    Mais aussi lors du coucher, avant la phase d’endormissement, afin d’évacuer la ou les situations émotionnellement difficile(s) de la journée écoulée.

    De plus la personne peut aussi visualiser l’objet de son stress (image, douleur localisée, situation, individu, ressenti, etc…) au niveau de l’estomac, et profiter du passage de l’air à ce niveau à l’expiration pour évacuer ce point, cette image en même temps que l’air.

    Répéter l’opération autant que nécessaire, dans la limite où la tête ne tourne pas trop.

    Les yeux se rouvrent. Ceux qui le désirent peuvent continuer la séance « en aveugle ».

    2 Travail sur l’expression vocale + Bols Tibétains

    Après cette première partie, je propose aux participants de vocaliser la lettre « A », sur les même notes qu’émettent les quatre Bols Tibétains que j’ai disposé sur la table, au centre du demi-cercle constituant le cadre de l’atelier.

    Les Bols sont accordés comme suit : le plus grave émet la tonique, le deuxième la tierce (majeure), le troisième la quinte augmentée, et le dernier la neuvième ou seconde, suivant l’octave choisi pour vocaliser.

    Pour commencer cette deuxième partie, je propose de juste prononcer cette lettre « A », en relâchant complètement la mâchoire, un peu à la manière du « loup de Tex Avery », et de laisser l’air sortir de lui-même, sans forcer d’aucune façon. L’opération est répétée plusieurs fois.

    Vient ensuite la vocalisation proprement dite, sur la note du Bol le plus grave, celui de la tonique. Vocalisation qui sera douce, de faible niveau sonore, afin que chacun puisse entendre sa propre voix. Les Bols sont joués à la mailloche feutrée.

    Une consigne accompagne toute cette partie. Elle consiste en une demande à chacun d’essayer de ne pas calquer son rythme de chant et de reprise sur la respiration de son voisin, mais de suivre son propre rythme de respiration de façon à obtenir de la part du groupe un effet de son continu, circulaire, ininterrompu.

    Première difficulté en général, la différenciation d’avec autrui et l’écoute de soi se révèle problématique pour certains.

    Il est arrivé souvent que des personnes n’osent pas chanter du fait de leur croyance en ce qu’elles estiment chanter « faux ». Je les rassure en leur disant que ce n’est souvent qu’un problème de retour-son, comme on dit dans le jargon musical, et que de toutes les façons, cela n’influe en rien l’efficacité de l’exercice.

    Je leur fais donc placer une de leurs mains légèrement décollée (3/5 cm) entre l’oreille et la bouche, puis déplacer légèrement celle-ci jusqu’à obtention d’un écho efficace, leur permettant de bien mieux s’entendre.

    Cette technique résout en général le problème.

    Après avoir passé deux ou trois minutes sur cette première note (suivant l’intensité des expressions), je leur propose de passer à la deuxième (la tierce), puis répète ainsi l’opération avec la quinte augmentée, jusqu’à la dernière note du quatrième Bol, la neuvième.

    Arrivé à ce point de l’atelier, je demande à chacun de faire silence, de s’intérioriser, de s’écouter.

    J’explique que pendant ce silence ou bien pendant les prochains tours de vocalises peuvent subvenir des images, des situations, des sons, des ressentis, qu’ils pourront essayer d’exprimer consciemment dans ce « A » qu’ils projetteront au fil de l’atelier.

    Cette période de silence dure trois/quatre minutes en général et est suivie d’une petite réflexion concernant l’avantage de s’octroyer de telles pauses dans son quotidien, afin de s’intérioriser pour peut-être mieux percevoir ses ressentis sur un moment donné, ou à posteriori.

    Le deuxième tour de chant se déroule selon le même principe que le premier, à ceci près que je propose aux participants de mettre plus d’intensité dans leur expression. Les Bols sont joués à la mailloche feutrée et au maillet court à feutrine.

    Il est à noter que certaines personnes harmonisent d’elles-même les notes proposées, ce qui facilite l’harmonisation du chœur.

    A la fin de ce deuxième tour, je propose le silence et fais sonner les bols en decrescendo rythmique et volumétrique.

    Le dernier tour de vocalises est libre, chacun choisissant la ou les notes qu’il veut vocaliser, la seule consigne étant de mettre toute son attention dans l’expression consciente de ses émotions, de ses ressentis, avec force volume et intensité. Les Bols sont joués à la mailloche caoutchoutée et au maillet court à feutrine.

    Généralement, une belle bulle est créée, gonfle, puis s’éteint d’elle-même après un crescendo final, tout le monde s’arrêtant de chanter en même temps, de concert.

    Je laisse résonner les Bols jusqu’au silence. J’installe un temps de silence plus ou moins long suivant l’intensité du moment ressenti, puis déclenche la « procédure d’atterrissage ».

    Celle-ci consiste en une reprise de conscience de son corps, de son poids, de sa pesanteur à travers de petits mouvements des principales articulations, de haut en bas, en faisant bouger la tête, la mâchoire, le cou, les épaules, les coudes, les poignets et les doigts, pour ce qui est des membres supérieurs.

    Puis le torse, le bas de la colonne vertébrale, le bassin (les hanches), les cuisses, les genoux, les chevilles et les doigts de pieds.

    Il n’est pas rare que certaines personnes s’endorment pendant l’atelier du fait de l’important relâchement provoqué par les exercices. Je leur porte une attention particulière au moment de leur retour à la phase réveil.

    3 Essai de verbalisation et présentation du questionnaire

    Pour terminer l’atelier, je demande aux participants si quelqu’un veut verbaliser son ou ses ressenti(s).

    Ensuite, je leur présente le questionnaire que j’ai mis en place, afin qu’il puissent réfléchir pour le mieux, ou du moins se remémorer les quelques minutes passées lors de cet atelier.

    Voici les questions qui y figurent ainsi que l’expression des réponses obtenues.

    QUESTIONNAIRE
    ATELIER FIBROMYALGIE
    HÔPITAL THERMAL – DAX 2012

    Sur un nombre de participants total d’environ 150 personnes aux ateliers durant la saison, 14 questionnaires ont été retournés.
    La fréquence des ateliers a été d’une heure par cure de 21 jours.
    Voici en tableau, l’expression de ces réponses, de ces ressentis, ainsi que le pourcentage d’évolution dans une progression temporelle – avant l’atelier (av), le lendemain de l’atelier (a+1) et le ressenti à sept jours (a+7)) par les personnes présentes aux ateliers.
    La progression générale de chacun a été calculée ainsi que celle de l’ensemble du groupe.

    Pour une meilleure vue d’ensemble, les réponses sont exprimées en pourcentages.

    Question 1 – Sommeil :
    Comment ressentez-vous la qualité de votre sommeil et de votre récupération, sur une échelle de 0 à 10 ?
    0 – correspondant à l’insomnie, 5 – à une « bonne nuit », 10 – à une nuit de profond sommeil, avec une sensation d’avoir totalement récupéré.

    Question 2 – Concentration :
    Comment ressentez-vous vote capacité de concentration, d’attention, sur une échelle de 0 à 10 ?
    0 – correspondant à une très grande difficulté à écouter autrui, à lire avec attention, 5 – correspondant à être obligé(e) de faire un effort pour se concentrer (lire, écouter), 10 – correspondant à avoir de la facilité à fixer son attention, perception globale, sens aiguisés.

    Question 3 – Expression :
    Comment définiriez-vous sur une échelle de 0 à 10 votre expression, votre facilité à communiquer avec autrui ?
    0 – correspondant au mutisme et à la non-communication, 5 – à une communication limitée avec autrui, 10 – à une sensation de facilité à vous exprimer avec confiance.

    Question 4 – l’atelier :
    Quel est votre ressenti quant à cet atelier de musicothérapie en général, en vous remémorant les sensations que vous avez pu, ou non, éprouver pendant cette heure ?
    Sur une échelle de 0 à 10, 0 – correspondant à l’indifférence la plus totale, 5 – à de l’intérêt sans plus, 10 à une découverte appelant à une poursuite de l’expérience.

    Analyse du tableau :

    Dans un souci de méthodologie, je partirais du particulier pour arriver au général.

    La question Q1 concernant la qualité du sommeil et de la récupération indique une moyenne générale positive de 18% chez les participants ayant renvoyé le questionnaire. Un exemple significatif, dans le sens où certains des participants démarrant de 0% (av) (insomnie) parviennent à retrouver du sommeil durable de qualité moyenne (a+7), puisque égal ou supérieur à leur ressenti le lendemain de l’atelier en a+1.

    Une seule personne parmi les réponses (n°3) a semble-t-il estimé que dans la durée son sommeil déclinait en a+7, mais d’une part, c’est un extrême – en négatif, comme peut l’être le même cas en positif (n°14), et la moyenne sur les 3 durées la situe à 60%, pourcentage final de son ressenti.

    Le fait qui me semble significatif reste au niveau des « petits » pourcentages qui sont en nette amélioration (n°1, +40%, n°5, +20%, n°10, +40%, n°12, +40%, n°14, +50%). Ceci tendrait à révéler un certain effet de l’atelier sur leur capacité à retrouver le sommeil en général.

    La question Q2 concernant l’attention, la capacité à se concentrer révèle une moyenne positive générale de 8%. On pourra remarquer que l’effet de l’atelier n’indique pas de baisse de pourcentage particulier en ce domaine. Notons quand même une nette amélioration ressentie chez les n°1, +30%, n°2, +30% et n°10, +20%. Une réponse manque sur a+7 (n°12).

    La question Q3 concernant la facilité d’expression dénote une augmentation générale du pourcentage chez les participants de 10%. Ici non plus, aucune personne ne semble indiquer une baisse de sa capacité à s’exprimer. A noter une nette amélioration chez les n°1, +40%, n°2, +40%, n°6, +20% et n°8, +20%.

    La question Q4 concernant les ressentis par rapport à l’atelier en lui-même indique une moyenne générale positive de 13% chez les participants. On ne constate pas là non plus de baisse quand à l’intérêt des gens pour l’atelier. Certains notent une augmentation certaine de leur intérêt (n°2, +40%, n°10, +30%). Une réponse manque en a+7 (n°8).

    La moyenne générale de l’étude 2012 : nous pouvons constater que tous les pourcentages ont augmenté entre 8% (Q2) et 18% (Q1) entre la veille de l’atelier (av) et la fin de la semaine suivant ce même atelier (a+7) chez les participants ayant répondu au questionnaire et l’ayant renvoyé, ce qui est somme toute très positif quand à l’utilité d’intégrer des atelier de musicothérapie dans une approche globale du syndrome fibromyalgique.

    2013 : OBJECTIFS ET PROTOCOLES

    Le cadre et la périodicité des ateliers sont identiques à ceux de l’année 2012. Le nombre de participants a été limité à 10 personnes par atelier.

    Afin de continuer l’étude commencée en 2012, les objectifs de travail 2013 restent les même :

    • La qualité du sommeil,
    • La capacité de concentration,
    • L’expression émotionnelle.

    Ayant décidé d’expérimenter un nouvel exercice cette année tout en gardant l’expression vocale avec les bols et en variant un peu ce dernier, j’ai minuté le déroulement des ateliers comme suit durant l’année 2013 :

    • de 0mn à 20mn : travail sur l’exploration des émotions en se servant du prénom,
    • de 20mn à 50mn : travail sur l’expression vocale + bols tibétains,
    • de 50mn à 1h00 : essai de verbalisation et présentation du questionnaire.

    1 Travail sur l’exploration et l’expression des émotions à travers le prénom.

    Pour ce premier exercice, je me suis inspiré d’un jeu actif pratiqué avec Christian Hayet lors de ma formation à l’ASAM, appelé alors « Phrase dite selon l’humeur ». Plutôt que de prendre une phrase, j’ai préféré cette fois jouer avec le prénom de chacun, afin de personnaliser de façon plus directe l’expression des émotions proposées. Est-il besoin de préciser que le prénom de chacun sera une des composantes de notre personnalité profonde ?

    De plus, le fait de prononcer son prénom pouvait faire résonner aussi bien un vécu personnel prononcé qu’un son entendu prononcé par autrui, et donc renvoyer à différentes nuances (peut-être) plus subtiles qu’une phrase neutre. Ces expressions de soi ont aussi la possibilité d’être imaginées, créées, situées dans différents contextes (lieu, temps et situations) afin d’expérimenter ce que serait notre réaction « par rapport à », tout en gardant le prénom pour base afin de nous identifier au mieux.

    Le déroulement :

    Est proposé à chacun à tour de rôle de dire son prénom en exprimant diverses humeurs, diverses émotions et ressentis. Commence qui veut et on continue par le voisin de gauche.

    Ont été proposées les expressions de soi suivantes (liste non-exhaustive et en ordre indéfini) :
    La joie, la tristesse, la peur, la tendresse, la surprise, en chantant, poétique, la frustration, la fatigue, en déclaration d’amour, sautillant, timide, avec le mal aux dents, avec le mal au dos, en mangeant, en criant, en riant, en colère, scandé, en exprimant un mal qui appartient à chacun (y revenir plusieurs fois si nécessaire), en petit enfant, en exprimant la guérison, etc…

    Cet exercice s’est révélé très apprécié des participants, de par la bonne humeur générale qui s’en dégage, le sentiment de groupe malgré le caractère personnel des ressentis, et l’intense exploration personnelle – mais aussi les blocages pour certains, qui en découlent.

    2 expression vocale + bols tibétains

    Par rapport à l’année précédente, la principale différence a été de proposer à chacun le libre choix de la note à vocaliser, de façon à ce que la concentration puisse s’optimiser dans l’intention. Cette liberté a permis à chacun de se focaliser plus efficacement sur l’expression de ses ressentis à travers une ou plusieurs notes selon son choix.

    Mon rôle a consisté, outre le jeu en évolution avec les bols, à harmoniser vocalement les différents notes proposés par les participants, de façon à varier les modes, les volumes et les rythmes, tout en respectant l’expression du groupe.

    Le déroulement :

    Nous commençons à vocaliser sur le bol le plus grave (basse) pendant quelques minutes, laissant se créer une harmonie qui soudera l’expression du groupe et donnera la confiance à chacun pour gagner en liberté.

    Lorsque le ressenti est clair sur l’arrêt prochain des voix, nous passons au bol suivant (baryton). Au bout d’un moment, j’y inclus le bol basse pour enrichir l’harmonie.

    L’opération est répétée ensuite pour inclure le bol ténor, et enfin le bol alto.

    Arrivés à l’apogée des expressions quant à l’intensité, l’harmonie et le volume, les participants du groupe s’arrêtent d’eux même, en même temps, d’un accord tacite. Je laisse résonner et installe un silence plus ou moins long.

    L’atterrissage est effectué de la même manière que l’année précédente.

    3 Essai de verbalisation et présentation du questionnaire

    Pour terminer l’atelier, je demande aux participants si quelqu’un veut verbaliser son ou ses ressenti(s).

    Ensuite, je leur présente le questionnaire que j’ai mis en place, afin qu’il puissent réfléchir pour le mieux, ou du moins se remémorer les quelques minutes passées dans cet atelier.

    Analyse des tableaux – Hôpital Thermal :

    Q1 – Sommeil : Les résultats obtenus pour cette partie concernant la qualité du sommeil et de la récupération semblent conforter les données obtenues lors de l’année précédente, à savoir que l’expression des réponses montre une nette amélioration de ces deux critères à hauteur d’une progression positive de 20 % pour 2013, soit une progression de + 19 % sur l’ensemble des deux années 2012 et 2013.

    Q2 – Concentration : Concernant la question de l’attention et la capacité à se concentrer, 2013 est en nette augmentation par rapport à 2012, passant de 08 % à 15 %, soit presque le double. Je reviendrai sur cette progression dans la partie finale de l’analyse* de ces deux tableaux. L’ensemble des résultats sur ces deux années indique une progression de la qualité de ces critères en moyenne de 11 %, sans affaiblissement de la courbe en durée, ce qui est notable.

    Q3 – Expression : Concernant la facilité d’expression, la fluidité du processus allant d’une intuition, d’une idée à une verbalisation consciente, on peut aussi constater une nette progression sur l’année 2013 par rapport à 2012, partant de 10 % pour arriver à 16 %. Les progressions spectaculaires des n°3, 9, 11 et 12, tendraient à valider l’effet positif des séances de musicothérapie pour ces critèresci. La moyenne de progression sur les deux années s’établit à 13 %.

    Q4 – l’atelier : Concernant les ressentis par rapport à l’atelier en lui-même, l’intérêt des personnes ayant répondu au questionnaire indique une moyenne identique sur les deux années, 13 %.

    Témoignages :

    Quelques lignes d’expressions écrites ont été laissées à la disposition des participants à l’étude pour qu’ils puissent transcrire leurs ressentis. Voici quelques témoignages qui me semblent intéressants.

    Mme G. « Sommeil plus calme, moins entre-coupé de réveils et suis plus détendue. »

    Mme D. (n°12 -2012 – insomnie) : « Avant la séance (25 Mai 2012), je ne dors pas malgré le traitement. Le lendemain matin (26 Mai 2012), j’ai l’impression que la séance m’a permis de décompresser un peu. J’ai mieux dormi et me sens moins … (illisible). (01 Juin 2012) Commence à réussir à dormir, mais trop submergée par prise de conscience qui est venue le jour de l’atelier et qui … trop tard que je n’aurai pas de me séparer de … (Q4) Très grande découverte avec une envie de continuer. Dommage que je n’ai pas pu en faire avant. Une séance ne suffit pas.
    Il est à noter que l’écriture de Mme D. est du fait de sa maladie très difficile à déchiffrer, mais qu’elle s’améliore au fur et à mesure de ses réponses dans le temps (av, a+1, et a+7).

    Mme B. (responsable de l’association qui m’employait au sein de l’hôpital) : « Après l’atelier, à la fin de l’heure : sensation d’apaisement, de détente. Pendant l’atelier les sons des bols tibétains entraînent une résonance bienfaitrice dans le corps qui permet le lâcher-prise. À sept jours en effet, meilleure nuit avec sensation de récupération. »

    Mme M. « La technique de respiration semble aider à l’endormissement. » « Cela m’a permis de prendre une certaine distance avec les aléas de la vie en collectivité. »

    Mme X. « Au cours de l’expérience, j’ai pu découvrir toute la colère que j’avais encore envers une personne décédée. »

    Mme X. « J’ai dormi deux nuits sans cachets. »

    Mme A. « Après l’atelier, j’étais comme apaisée. J’ai pu dormir rapidement sans réveils nocturnes. »

    Mme G. « Après l’atelier, je dormais plus paisiblement et je trouvais le sommeil plus rapidement. » « Cet atelier m’a apporté de la détente, de la relaxation, fait ressortir les émotions. C’est la deuxième fois que je participe et cela me fait du bien moralement et physiquement. »

    ATELIERS THERMES BÉROT 2013

    J’ai choisi de joindre à l’étude réalisée à l’Hôpital Thermal celle des Thermes Bérot 2013, toujours avec une population fibromyalgique, afin de compléter ce premier travail par l’exemple d’une session de deux ateliers consécutifs, à raison d’une séance par semaine.
    Les cadres, objectifs et techniques employées restent identiques à celle de l’Hôpital Thermal 2013.

    Ce qu’il me semble intéressant de noter – outre le fait que les résultats de l’Hôpital Thermal sont encore une fois confortés, est l’élévation de la moyenne des ressentis en positif, ce qui semblerait démontrer l’efficacité de la musicothérapie dans une indication de rythme hebdomadaire par rapport à la périodicité de l’Hôpital Thermal.

    Un autre fait est l’augmentation du pourcentage de départ entre la première et la deuxième semaine.

    Témoignages :

    F. 1er questionnaire :
    « ayant participé deux fois à l’atelier. La seconde nuit, j’ai bien dormi mais rêves agités. La nuit suivante a été complète 11h à 07h – ai oublié les rêves !!! le lendemain, étais complètement détendue. » « Attendais avec impatience second atelier. Détente musculaire progressive, avec très grande aisance le Mercredi lors de la gym en plein air, surtout tout le haut du corps (bras, épaules, cervicales). »
    F. 2ème questionnaire :
    « Depuis la cure et l’atelier de musicothérapie, j’ai un très bon sommeil rarement entrecoupé de réveils. Si réveil, j’arrive à me rendormir assez vite en travaillant sur la respiration et en « imaginant » le son musical, bien que couchée. Je pars des pieds vers la tête – et me rendors. Rarement rêves dérangeants (souvent dans mes rêves je me perds ou rate un train, me trompe dans un croisement, etc…). J’ai dû n’en faire que deux depuis ces ateliers. Je pense que cela doit être lié au bien-être. Quand j’habiterai sur Rennes, je chercherai à avoir accès à la musicothérapie. Merci pour cette découverte. »

    CONCLUSION

    L’analyse moyenne des résultats sur ces deux années au sein de l’Hôpital Thermal de Dax – complétée par celle des Thermes Bérot, pourrait indiquer plusieurs axes de réflexions.

    D’abord, il devient difficile de dire que les ateliers de musicothérapie n’apportent rien à la personne, puisque la répétition ou progression des moyennes d’une année sur l’autre sur une durée de temps définie se trouve confortée, notamment dans la phase qualité du sommeil et de la récupération (+19%).

    Pour bon nombre de participants, ces ateliers semblent aussi avoir facilité leurs capacités à se concentrer (+11%). J’attribuerais la progression entre les deux années ( * de +08 % à +15%) à l’inclusion de l’exercice à base de prénoms qui permettrait à certains d’exprimer des émotions qu’ils redécouvriraient ou n’auraient pas eu l’occasion d’exprimer jusqu’à ce moment-là, en s’y identifiant de manière forte de part l’usage de leur nom premier.
    De même que cette possible libération émotionnelle allégerait leur capacités à s’exprimer avec plus de facilité (de +10 % à +16%).

    Enfin, l’intérêt des participants pour la découverte de la musicothérapie et son application dans un processus thérapeutique n’en sortent que renforcés, la plupart des personnes ayant à priori une bonne opinion sur la discipline, même si leurs conceptions de la musicothérapie étaient avant l’atelier pour la très grande majorité en dehors du cadre. Continuons à communiquer…

    Bien sûr, l’expression des réponses est le fait d’un ressenti de la personne, ressenti difficilement quantifiable. Une raison de plus pour rester prudent quand à une possible interprétation qui pourrait se révéler hasardeuse.

    Restons-en au factuel et le fait est que la grande majorité des personnes ayant répondu au questionnaire ressentent un bien-être supérieur à celui qu’elles pouvaient ressentir avant de participer aux ateliers de musicothérapie. Ceci est déjà un point sur lequel s’appuyer pour recommander l’utilisation de la musicothérapie dans l’approche globale de la fibromyalgie.

    L’étendue des connaissances acquises n’est surpassée que par la somme des expériences à découvrir.

    Le fait de multiplier ces expériences depuis ces ateliers m’a conforté dans l’idée de l’importance, non seulement d’une remise en questionnement permanente évidente, mais aussi de l’importance du partage de ces expériences au travers d’échanges avec des personnels compétents de multiples disciplines, dans une synergie positive et hautement stimulante.

    Je pense que la musicothérapie a une place à tenir dans une approche pluridisciplinaire de la maladie ou du handicap en général, en institution ou ailleurs, de par l’approche originale et unique (la musique) de la gestion des états émotionnels de la personne qu’elle propose.

    Je terminerai sur une note d’optimisme. Je crois que nous avons la chance de vivre l’époque où les théories les plus archaïques (et non dogmatiques) sur les effets du sonore et de la musique en particulier sur l’être humain, se trouvent confortées par l’arrivée de techniques d’imageries médicales de pointe. Ces techniques permettent à de nombreux chercheurs – je citerai les travaux du Pr Mottron, de Brigitte Chamak, du Pr Isabelle Peretz par exemple – de publier de nombreuses études démontrant l’efficacité de la musique – et de la musicothérapie, comme médiateur et méthode thérapeutique.

    Tout ceci est je le crois de très bonne augure pour l’amélioration de la prise en charge des personnes en souffrance et par ricochet pour l’avenir de la profession.

     

  • Les rythmes et les mélodies d’Elodie, enfant autiste / Keller Catherine

    Pendant 10 mois, Elodie, enfant autiste de 9 ans, et moi avons joué ensemble, avec les rythmes et les sons des instruments de musique, ainsi qu’avec notre voix.

    Je vais retracer quelques moments forts que nous avons vécus ensemble.

    Découverte

    La première séance a été une séance découverte … surtout pour moi ! En effet, j’avais déjà été avec des enfants, ou des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, mais n’avais jamais fait de musique avec une enfant autiste. Je cherchais ainsi à communiquer avec elle, par l’intermédiaire des instruments: je jouais différents rythmes, avec différents instruments. Alors que je m’attendais avec beaucoup d’enthousiasme qu’elle joue avec moi, ou danse, ou réponde à sa manière, à chaque fois sa réaction était simple: rejet des instruments et stéréotype !

    Etonnée et déçue de cette première séance, je suis repartie avec la question et la motivation d’y trouver une réponse : comment faire pour entrer en contact avec Elodie tout en musique ?

    La musique d’Elodie

    J’ai vite compris, que je m’étais trompée de direction. Ce n’est pas en  imposant ma musique, mes rythmes que je vais pouvoir communiquer avec elle.

    C’est en allant dans son monde, dans ses rythmes que je vais pouvoir entendre sa musique, jouer sa musique et entrer dans une réelle communication avec elle.

    Le sens de tout cela: pourquoi communiquer avec Elodie ?!

    Avant de poursuivre sur nos expériences vécues, j’ai envie de revenir sur un point qui me semble très important. A savoir: l’objectif des séances. Basée sur la méthode des 3i, l’objectif était d’être avec l’enfant, jouer avec lui, le stimuler et rechercher son regard pour lui permettre de s’éveiller, de sortir de sa bulle. Lui permettre également de ne plus être dans l’angoisse, de ne plus subir les stéréotypes. Pour qu’à long terme, il puisse communiquer, entrer en relation avec les autres, devenir autonome. Et acquérir par la suite les connaissances et compétences nécessaires pour aller à l’école et travailler.

    J’ai remarqué que sa musique était très belle, sa voix magnifique. Quand elle jouait ou chantait ce qui venait du fond d’elle-même, elle rayonnait, était dans la joie, son regard était vivant et présent. C’était des moments très forts. Des moments d’une grande simplicité, de joie et de bien-être. Moments qui me nourrissaient. Je repartais de chez elle, chargée d’énergie et remplie d’amour. Amour que je pouvais alors transmettre à mes enfants ou aux personnes que je rencontrais.

    Par la musique et le chant, Elodie s’exprimait, exprimait ce qui était en elle,
    la richesse, la beauté et l’amour qui était en elle.

    C’est pourquoi, au fur et à mesure des moments que nous passions ensemble, je n’avais plus forcément d’objectif précis. Si ce n’est celui-ci:

    Juste l’envie d’être avec elle.
    Juste l’envie d’être.

    Des moments de doute

    Un jour, j’ai eu envie de faire découvrir à Elodie des musiques que j’aimais beaucoup, qui donnent  envie de danser. En effet, la fois précédente, Elodie avait danser toute la séance alors que je jouais des percussions. Je jouais, elle dansait. Plus elle dansait, plus elle m’entrainait à jouer etc… C’était un magnifique moment. C’est pourquoi, je voulais revivre la même chose, avec d’autres musiques !

    Cela n’a pas du tout été pareil ! A l’écoute des musiques, elle se mettait à crier en se bouchant les oreilles. Je changeais de musique, voulais danser avec elle. Mais elle ne le souhaitait pas. Elle stéréotypait. Pleurait. Criait. Je n’arrivais pas à entrer en contact avec elle. J’étais désemparée, ne savais pas quoi faire.

    Son papa est alors venu. Nous avions longuement discuté. Et surtout, je le voyais agir avec Elodie. Comment il coupait ses stéréotypes. Comment il prenait contact avec elle, jouait avec elle. Je lui parlais de mes craintes: n’étais-ce pas lui faire violence de la couper dans ses stéréotypes ? Mettre la musique trop fort ne la dérangeait-elle pas, ne lui faisait-elle pas mal ?

    J’étais très étonné de voir comment elle passait d’une émotion à l’autre. Lorsqu’elle pleurait, il ne s’agissait pas de la plaindre, car, alors, elle y restait, et, je m’engouffrais avec elle dans cette émotion !!! Il était juste important d’avoir un temps pour l’entendre dans l’émotion, y mettre des mots, la prendre dans les bras pour la consoler et continuer par un jeu qui la faisait rire, des chatouilles par exemple. Et, c’était reparti pour un tour de rigolade et de belle énergie.

    A l’écoute d’Elodie

    Quand j’arrivais chez Elodie, je me mettais à son diapason ! Je voyais dans quelle énergie elle était: enthousiaste ou angoissée, fatiguée ou en pleine forme, contrariée ou joyeuse. Son comportement était très parlant. Puis, je m’adaptais à son énergie. Avait-elle envie de bouger ou au contraire d’être prise dans les bras ? Etait-elle dans des moments d’automutilation ou stéréotypait-elle ?

    Il me fallait un temps pour me poser, pour être, entrer en lien avec elle, pour sortir de ma tête les tracas et soucis. Pour cela, je me mettais près d’elle, assise au sol. Je l’observais. Silence.

    Elle stéréotypait. Un rythme dans son stéréotype. C’est régulier. Une pulsation.
    Je prenais l’instrument que j’avais emmené ce jour-là, et, jouais au rythme de son stéréotype. Je me calmais, me posais. Mes pensées se centraient sur Elodie et son rythme.
    Puis, progressivement, j’ajoutais une mélodie, j’enrichissais sa pulsation d’un rythme, d’un autre son et ensemble, nous créions une musique. Son stéréotype cessait, Elodie s’exprimait. Elle rayonnait, me regardait, nous nous regardions.

    Elle criait ou exprimait des suites de sons « incompréhensibles ». J’entendais des notes et des rythmes. Je reprenais les notes qu’elle criait sur mon instrument ou avec ma voix, en boucle. Puis, je rajoutais d’autres notes. Une mélodie était née. Sur une ou deux séances, nous avions créé des nouvelles variations sur cette mélodie: danse, chant, violon, bercement, massage etc…

    Elodie aimait être massée. Je la prenais dans les bras. Peut-être bougeait-elle ses doigts de façon automatique ? Je reprenais ce rythme pour lui masser les pieds. Des fois, elle s’endormait. d’autres fois, elle se relevait en pleine forme, prête pour un nouveau jeu.

    Nous jouions ensemble sur le métallophone, chacune une mailloche dans la main.
    Nous inventions des rythmes sur les percussions.
    Elle faisait un jeu, j’accompagnais chacun de ses mouvements par un son particulier. Elle faisait le lien entre ses mouvements et ce que je jouais, elle s’en amusait.

    Un jour, j’avais oublié de prendre mes instruments de musique … normal pour une musicienne !!!!!
    Alors que nous sautions sur le trampoline, Elodie chuchotait « AAAIIIOOOEEE ».
    J’avais repris cette suite de lettre, avec son rythme. J’avais alors créé une mélodie: une note par voyelle. Puis, nous l’avons repise durant le reste de la séance, tout en sautant sur le trampoline. Elodie était ravie, elle éclatait de rire. Je rigolais avec elle.
    J’avais essayé d’introduire la voyelle U. Mais, elle avait commencé à se taper et crier.
    Il était intéressant de noter que le matin même, elle avait travaillé les voyelles lors de sa séance d’orthophonie. C’était une autre façon d’aborder les voyelles.

    Les ressentis de mon corps

    Je tiens à écrire sur l’importance de mon ressenti, de mon corps dans les moments vécus avec Elodie. Je me suis rendue compte, petit à petit, de la pertinence de mon ressenti, des messages que mon corps m’envoyait.

    En effet, j’ai constaté que lorsque j’étais pleinement avec Elodie (cf le moment présent ci-dessous),  mon corps me guidait dans ce que j’avais à faire. Il y avait comme un lien entre mon corps et Elodie.

    Selon ce que je jouais, je pouvais ressentir un bien-être, un frisson qui me traversait, une énergie qui me nourrissait ou au contraire un mal-être. Cela pouvait prendre la forme d’une douleur plus ou moins diffuse dans mon corps. Ou cela ressemblait à une sensation de « fausse note »: la description la plus proche serait la même sensation lorsque l’on entend une fausse note dans une musique.

    Si je jouais malgré la sensation de mal-être, Elodie se mettait à crier, à se taper. Je n’avais alors plus d’autre choix que de passer à autre chose.
    Lorsque je jouais ce qui me faisait du bien, Elodie s’enthousiasmait, et, nous entrions dans un beau moment de création en commun.

    Je ne connais ni le pourquoi, ni le comment ! Je sais juste que cela était !

    Le moment présent

    Bien souvent, nous ne vivons pas pleinement le moment présent ! Par exemple, je marche en pensant aux courses qu’il me faut faire. Une personne me parle et je pense à mon travail. Chacun d’entre nous a plein d’exemple à donner !!!

    Avec Elodie, il n’est pas évident de ne pas vivre le moment présent !
    Lorsque je prenais un instrument, jouais tout en pensant à autre chose, le résultat était très simple: Elodie entrait en crise plus ou moins grande ou stéréotypait.
    C’était incroyable !
    Lorsque j’étais pleinement avec elle, lorsque « ma tête pensait ce que je jouais », ou lorsque « ma voix et mon corps jouait ce qu’il y avait dans ma tête », j’étais en lien avec Elodie !

    De même, Elodie vit pleinement le moment présent.
    Quand elle est en colère, elle est en colère ! Quand elle rit, elle rit ! Quand elle stéréotype, elle stéréotype ! Elle passe d’ailleurs très rapidement d’une émotion à l’autre, d’une occupation à l’autre. Et, je ressens qu’elle le fait toujours pleinement !
    De même, quand elle danse, elle danse, et ne fait rien d’autre, elle le fait à fond, avec toutes ses émotions, tout son corps, toutes les cellules de son corps, j’ai envie de dire !!! C’est très enrichissant pour moi de la voir, et de vivre ses moments !

    Elodie m’apprenait à vivre le moment présent !
    Elle m’apprenait aussi à accepter les émotions, à les vivre, puis à les laisser passer,
    pour passer à autre chose !
    Elle m’apprenait à être dans la joie, à vivre la joie et le rire.