De la genèse d’un atelier basé sur la musicothérapie au sein d’une unité mère-enfant
Réalisé en unité mère- enfant, cet ouvrage, pont entre la pratique et la théorie, sera une aide précieuse à ceux qui souhaitent construire un atelier à destination de mères et de bébés. Tout en découvrant un exemple d’atelier, le lecteur sera amené à décrypter les éléments de musicothérapie qui le composent.
Dans ce numéro 65, nous proposons trois textes de trois auteurs aux origines différentes mais qui ont un lien commun : le souci d’aider au mieux les sujets auxquels ils s’adressent, ce qui entraîne beaucoup d’interrogations.
Ainsi, Jean-François Paillard, infirmier en hôpital psychiatrique, présente dans « Entre les lignes », la mise en place de la musicothérapie en santé mentale avec tous les questionnements que cela peut provoquer
Le projet a-t’il été bien exposé ?
Le choix des patients est-il judicieux ?
Le choix des propositions était-il pertinent ?
S’est-on plus préoccupé de la performance que de la créativité ?
Comment élaborer une grille d’évaluation ?
…
Sylvie Labbé, aide-soignante dans un service d’addictologie et d’endocrinologie expose les différents moments de la création d’un atelier à médiation dans « Je, tu, il, nous com’en sons ». À la lecture de ce texte, nous constatons qu’elle a eu à tenter de résoudre de multiples questions toujours liées au mieux-être des patients.
Dans le troisième article, « La passion de l’être à l’épreuve du regard et du silence », Roland Vallée nous demande avec insistance de penser à signifier à l’autre qu’il existe, à part entière, ce n’est pas seulement un quidam que l’on évalue…
Il se trouve que dans le numéro 5 de Musique-Thérapie-Communication… de juin 1989… un article, « Musicothérapie, passage à vivre » posait quelques questions de ce type :
Quel est le rapport entre l’espace sonore et l’intensité de la rencontre ?
Suis-je capable d’être à l’écoute du rythme de l’autre ?
Quelle est ma réaction à une passivité apparente ? Attente, « forcing », abandon ?
…
Cet article était signé Roland Vallée !
En couverture, un œuf de mésange, de mésange bleue, pour être précis. Différentes espèces viennent très près des habitations bordées d’arbres. C’est un symbole de sociabilité et de spontanéité dit-on… Je ne m’avancerai pas trop sur ce terrain car il me semble que le rouge-gorge qui ose parfois s’aventurer, se fait vertement rabrouer… Il y a toujours une chose que nous apprécions (et pas seulement venant de la mésange) c’est le chant des oiseaux qui nous surprend bien souvent. Je pensais donc à ça lorsque je me suis dit que bien entendu les oiseaux ne « font pas de musique » (pas plus que les baleines ou mes chattes) mais… je peux entendre le chant des oiseaux (ou des baleines)… donc je dois pouvoir avancer que l’auditeur est, d’une certaine façon, créateur de l’œuvre… Et même, parfois, quand on met un morceau de musique (d’après le compositeur et nous) contemporaine ou extra européenne ou… un auditeur peut très bien nous dire « ce n’est pas de la musique ».
Bien entendu ce questionnement n’est pas nouveau (mais… pour certains musicothérapeutes il peut être bon de le rappeler…) il est évident que quand Eric Satie a introduit des sons extérieurs à l’orchestre (« Parade ») il a pas mal fait bouger les choses. Intéressantes aussi les utilisations des fréquences, nous avions parlé déjà des protéodies (M-T-C n°59), Jean Thoby maintenant passe de l’autre côté puisqu’il « écoute » la musique des plantes… Autre chose encore : « une fleur a été exposée à deux fréquences, l’une de 35 Hz celle du vol des chauves-souris, l’autre de 1 Hz celle du vrombissement du bourdon. C’est seulement en entendant la fréquence du pollinisateur que la plante a augmenté sa production de pollen ! (Sciences et avenir – Les fleurs ont l’oreille fine » juin 2019.)
Il me semble important de se documenter sur tous ces travaux qui présentent un grand intérêt et, en même temps, de bien resituer notre action en musicothérapie… qui est, avant toute chose, du domaine relationnel.
Dans le cadre d’un partenariat entre le CHU de Bordeaux et la Compagnie Rêvolution, pendant 4 mois, les danseurs Sofiane Benkamla et Antoine Bouiges sont venus chaque semaine à l’EHPAD de Lormont du CHU de Bordeaux pour aller à la rencontre des personnes qui y résident. Un recueil de souvenirs et d’anecdotes, de témoignages sur ce que la danse évoque pour eux, est venu nourrir un travail chorégraphique auquel les résidents ont pris part avec beaucoup d’enthousiasme. Petit à petit des ateliers de danse ont donné naissance au spectacle « Une Valse à mille temps » qui fut présenté à l’EHPAD le 21 décembre 2018. Ce projet s’inscrit dans la politique culturelle du CHU de Bordeaux. Il a reçu le soutien de l’ARS, de la DRAC et de la Région Nouvelle Aquitaine (dispositif Culture et Santé).
Sophrologue praticienne et musicothérapeute, Laetitia Hauquin livre son expérience afin que nous explorions ensemble ces entrelacs savoureux de l’activation de la conscience en musique.
ISBN : 979-10-93532-41-7 176 pages, 19€
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Nous sommes ici invités à découvrir l’union de notre Moi-sonore et de la Sophrologie Dynamique®.
Comprendre le fonctionnement de notre respiration, de notre voix, de notre oreille et du monde sonore nous permettra de plonger dans la notion de Moi-sonore, cette magnifique alliance inventée par Rolando Benenzon, musicothérapeute.
Ce mot, MOI-SONORE, résume toute la démarche de l’auteure. Il matérialise la Force de Vie de l’ensemble de nos intelligences qui s’activent et vivent dans la vibration du son.
De nombreuses techniques psycho-corporelles comme le Qi Gong, le yoga des sons, le yoga des voyelles et la Psychophonie® se sont emparées de cette réalité du corps sonore agissant. Est-il pertinent de l’adapter à la Sophrologie Dynamique® ? Dans quel cadre ? Des exercices nouveaux peuvent-ils être pratiqués ? SOMMAIRE
INTRODUCTION
QUELQUES ÉLÉMENTS THÉORIQUES
LE CORPS SONORE.
Qu’est-ce qu’une vibration ? Qu’est-ce qu’un son ?
LE CORPS HUMAIN EST UN CORPS SONORE.
Un corps émetteur de sons. Un corps sonore récepteur. Un corps amplificateur. Un corps résonant.
FONCTIONNEMENT DE LA VOIX : DE LA RESPIRATION AU CERVEAU. La respiration. L’inspiration. L’expiration. La capacité respiratoire. La respiration olfactive ou cérébrale. La respiration claviculaire. La respiration thoracique. La respiration abdominale. La respiration costale basse. Le lien respiration et émotions. Les cordes vocales. Les résonateurs et amplificateurs. La posture.
PHYSIOLOGIE DE L’OREILLE.
L’oreille externe. L’oreille moyenne. L’oreille interne.
ÉLÉMENTS DE NEUROPHYSIOLOGIE ET PERCEPTION SONORE.
CONCLUSION.
LES UTILISATIONS DU MONDE SONORE DANS D’AUTRES TECHNIQUES PSYCHOCORPORELLES.
LE QI GONG DES 6 SONS. En pratique. Détaillons organes et sons.
LE YOGA DU SON.
Les 7 chakras, leurs sons, leurs couleurs et les postures d’ouverture.
LE CHANT DES VOYELLES. En pratique. L’influence des voyelles et leurs significations. Pourquoi différentes voyelles ?
LA PSYCHOPHONIE®. La relation corps/sons. Les 6 grands axes du travail psychophonique. La Psychophonie® et l’énergétique chinoise. L’Homme Sonore et le Scan Corporel. Sons et couleurs. Sons et voyelles. L’énergétique et l’émotionnel en Psychophonie®. La respiration et la Psychophonie®.
LA SOPHROLOGIE CAYCÉDIENNE.
Les 5 systèmes et leurs sons. Les sons dans la RDC 5. La RDC 5 (actualisée VIPhi en 2004) et son protocole. La RDC6 (actualisée elle aussi en 2004) et son protocole.
CONCLUSION
L’INTÉGRATION DU MOI SONORE EN SOPHROLOGIE DYNAMIQUE
EXPÉRIMENTATIONS ET ÉVALUATIONS
LE CADRE. Une pratique pour tous. Les musiques préexistantes. La durée de l’écoute. La mise en confiance, un pré-requis à l’utilisation de la musique et plus largement des sons.
INTÉGRATION DES SONS REÇUS PAR LE CORPS ET ACTIVATION DE CONSCIENCE.
Improvisation musicale et reconnexion à l’intelligence corporelle pour des enfants. Un enfant de sept ans. Une adolescente dyspraxique. Résonance du corps, exemples d’activation pour des adultes. Dans la toilette énergétique. Dans les exercices de Relaxation Dynamique. Dans l’écoute de Soi. Favoriser l’intériorisation dans la mise en disponibilité. Favoriser les émergences de conscience. Connexion musique/conscience pour des personnes âgées atteintes par la maladie
d’Alzheimer. Neurophysiologie : musique et maladie d’Alzheimer. Expérimentations dans l’UP d’un EHPAD. Retrouver le chemin de l’expression de soi. Déverrouiller le corps. Conclusion. Pertinence et limites de l’association musique réceptive et Sophrologie Dynamique®.
INTÉGRATION DES SONS ÉMIS PAR LE CORPS EN SOPHROLOGIE DYNAMIQUE®.
Activation de l’intelligence corporelle. Le son aidant au vécu corporel. Le corps vibrant. Les vibrations libératrices. Le travail du souffle. Centrage et verticalisation. Le son de l’expir. L’ancrage et la posture. Exercices : Activation de l’intelligence émotionnelle. Les vibrations de la voix libèrent les centres énergétiques. Vivre ses émotions au travers de sa voix. Vivre sa voix, être en double concentration. La voix en lien avec la pensée jungienne. La voix accompagne le processus d’individuation. La voix, reflet de la persona. La voix intuitive et transcendante.
L’atelier se déroule dans la salle d’animation de la prison en présence d’une enseignante.
pour en savoir plus sur les instruments, cliquer sur l’image
Je commence par me présenter, à parler de mon métier de musicien et de musicothérapeute, le washboard son histoire et son origine, la formation de musicothérapie et l’idée de la création du Phanophone (PH2)
Démonstration des différents instruments du PH2.
Écoute musicale d’un extrait de morceau de jazz avec washboard dans le but de leur faire découvrir mon univers musical et l’utilisation du wash avec d’autres instruments. L’introduction au piano fait penser à quelque chose de triste pour l’un des jeunes. Un autre dit que c’est la musique qu’on passe dans les bars américains
Présentation de la finalité des 5 séances : enregistrer un petit morceau de 2 minutes dont la base sera du texte parlé ou slamé que les jeunes auront inventé. Sylvain qui vient d’arriver dans les lieux se porte immédiatement volontaire et demande sur quel thème il faut écrire. Pas de consigne particulière
L’ordre de l’enregistrement sera le suivant : la voix puis l’habillage sonore avec les différents instruments de la table puis des sons provenant de la tablette avec l’application Garage Band
Les jeunes sont ensuite invités à s’emparer des baguettes et autres dés à coudre pour essayer à leur tours les différents instruments du PH 2 : washboard 1, 2, balafon, bongos, sanza « c’est comme dans Kirikou » dit un jeune avec un sourire un peu gêné par le fait de prendre comme référence un dessin animé pour enfant !
Le rythme s’installe rapidement, chaque jeune se lance dans quelques improvisations, des premières interactions musicales commencent entre eux et moi. Comme la consigne a été donnée, ils changent d’instruments afin de tout essayer.
Présentation de l’application Garage Band et de ses différentes possibilités.
Je fais la demande ensuite à chacun de proposer un morceau qu’il aime bien afin de le faire écouter aux autres pour les prochaines séances dans le but de partager ses goûts avec les autres et aussi de s’en servir, pourquoi pas, comme base de travail pour l’élaboration du morceau à créer ultérieurement .
Régulation avec le directeur pédagogique et l’enseignante à la fin des deux ateliers :
Le directeur a remarqué que les jeunes ont fait preuve de concentration et que des échanges entre eux ont pu être facilités par le biais de la pratique instrumentale. Il n’y a pas eu de débordement au niveau discipline et ils ont tous participé jusqu’à la fin.
SEANCE 2 / Vendredi / 9-11h
Les groupes ont été inversés à la demande des surveillants par rapport aux promenades dans la cour.
La séance se déroule avec l’enseignante de Français, Edith qui a déjà fait travailler les jeunes en atelier écriture. Nous décidons donc de partir sur des textes existants (thématique : le bonheur et la vie) pour faire, en fin de séance, des essais d’enregistrement de leur voix afin qu’ils puissent se faire un première idée du son de leur voix enregistrée !
Début de séance :
Échauffement rythmique pour permettre une première synchronisation groupale.
Assis en face des jeunes, je propose en guise d’échauffement rythmique pour le groupe de faire un rythme avec les mains puis on ajoute les pieds et les jeunes sont invités à répéter.
Ce petit exercice permet de se connecter avec les autres et de se « réveiller » un peu en terme de lien entre la tête et le corps.
Rapidement, Mehdi sort du rythme commun et fait une impro, suivi par Imran
Une petite coccinelle s’est invitée dans la salle d’activité….
Deux jeunes dans le premier groupe s’emparent de la guitare et nous montrent brièvement ce qu’ils savent jouer.
Puis, je propose un jeu, et j’explique que dans la structure d’un morceau, il y a un début, le milieu et une fin. Raconter une histoire, un moment précis, etc….
Je fais une proposition, un morceau entier pour montrer une idée d’interprétation.
Chaque jeune est ensuite invité à passer individuellement à la table pour faire une proposition. Si certains ont du mal à trouver l’inspiration, d’autres sont très vite à l’aise et développent un long moment de musique. Chacun se prête au jeu et franchit le pas de s’exposer aux autres en jouant de cet instrument très spécial.
Je propose ensuite un moment d’improvisation en duo, face à face. Un moment privilégié pour le jeune dans la mesure où avec l’assise rythmique proposée, celui-ci n’a plus qu’à s’installer dans la musique et à suivre les propositions, en sécurité dans le propos musical, un dialogue s’installe tranquillement dans lequel ni le contenu, ni le débit n’ont d’importance.
La séance se termine avec l’enregistrement de la voix sur des phrases qu’ils ont inventées en atelier écriture puis l’écoute tout de suite après de ce que cela donne
Cette brève expérience est un moment très détendu, avec des sourires et des rires quand il s’agit de se prêter au jeu de réciter la même phrase trois fois de suite en y changeant le ton, le rythme ou l’humeur ! Tout le monde se retrouve autour de la table et une discussion s’installe. Certains réagissent aux phrases énoncées car elles résonnent en eux sur la situation dans laquelle ils se trouvent et les causes de leur séjour ici, de la date d’un jugement, du nombre de jours de détention à faire… La réalité a repris ses droits.
En fin de séance au moment de nous dire au revoir, dans une ambiance détendue et positive que l’instant de musique partagé ensemble avait provoqué, je me garde bien de leur souhaiter « bon week-end » ! Ils sont retournés en cellule tandis que je découvrais, quelques portes et couloirs plus tard qu’il faisait bien beau aujourd’hui. Une douce mélodie d’oiseaux est venue titiller mes oreilles, j’ai apprécié cet instant avec particularité !
Note : dans mon travail de recherche sur la création du morceau et de son habillage sonore via l’application Garage Band, le fait de connaître un peu plus ces jeunes (2 séances) me permet de tenter de personnaliser, un tant soit peu, la musique en fonction du ressenti que j’ai commencé à percevoir.
La notion d’enveloppe sonore fondé sur la « bienveillance » est une démarche naturelle et fait partie intégrante de cette expérience auprès de ces jeunes en détention, et de toutes les personnes que je vais croiser dans ce contexte. En pensant à Massamba, originaire d’Afrique noire, la présence dans le morceau du son de Tam-tam est envisageable, comme celle de la darbuka pour Imran et ses origines nord africaines.
Ceci dans le but de rassurer, d’apaiser ? …
SÉANCE 3 / Lundi / 13-15h
Deux jours sont passés et la sélection des morceaux choisis par les jeunes est téléchargée sur la tablette.
La matinée aura été consacrée, avec la prof de français, à écrire et sélectionner les phrases qui vont être ensuite enregistrées, le thème est : La Vie
Écoute musicale de 2 titres et discussion autour du ressenti
Échauffement rythmique… jeu du relais
Écoute de la structure de base du morceau pour commencer à familiariser les jeunes sur les morceaux qui seront enregistrés avec les instruments du Phanophone et les voix de chacun
Les choix de l’instrument que chacun va jouer pour l’enregistrement
SÉANCE 4 / Mardi / 9-11h
La séance commence une nouvelle fois par l’écoute musicale de 2 titres
La suite est un échange, une discussion sur ce qui vient de s’écouter.
Échauffement rythmique du groupe sans aucune autre consigne que celle de jouer ensemble et de se faire plaisir, tout en essayant de créer des passerelles autour du rythme. Ce moment appartient aux jeunes qui ont maintenant choisi leur place, leur instrument autour du Phanophone. Séance d’improvisation spontanée….
Je décide alors de leur proposer de faire des essais d’enregistrement avec une écoute immédiate. Cette information a le mérite de concentrer certains.
À la première écoute, le résultat est cacophonique ! Ils jouent fort et ne s’écoutent pas beaucoup. Je les invite à recommencer en mettant l’accent sur le fait de la nécessité des nuances dans le jeu et de l’écoute des autres !
Tout un programme…
Le deuxième enregistrement est de bien meilleure qualité. C’est ainsi qu’un jeune exprime qu’il a pris conscience de l’importance de doser le geste en ce qui concerne la frappe sur les bongos, puis interpelle son voisin pour lui signifier de jouer moins fort afin que le son de l’ensemble devienne homogène ! Une petite règle de vie, via la musique, est (peut-être) entrée dans l’esprit de ce jeune ?
Nouvelle session d’enregistrement à la demande de l’un d’entre eux : individuelle et collective, chacun son tour avec un fond sonore de la tablette, séance d’improvisation.
Un air que j’ai sélectionné sur la tablette rappelle à un des jeunes un film qu’il a vu avec son éducatrice. Elle se trouve justement dans le bureau des surveillants juste à côté de la salle d’activité. Le jeune lui fait signe de venir nous rejoindre afin de lui faire partager cela, il lui tarde de valider avec elle la ressemblance avec la musique d’un film. Cela part d’un bon sentiment. Elle arrive dans la salle, confirme que l’extrait que j’ai trouvé sur la tablette ressemble bien à celui de la musique du film ce qui fait plaisir au jeune. Mais l’éducatrice profite de cette invitation surprise parmi nous pour relayer une information administrative à un autre jeune, Sylvain, et sur le fait qu’il ne va pas être de retour chez lui après sa peine mais qu’il va passer quelques semaines dans un centre fermé d’éducation. Cette nouvelle le déstabilise, il s’énerve, décide de ne plus participer à l’enregistrement de sa voix comme cela était prévu… La réalité de la prison reprend alors le dessus, les jeunes échangent sur leur temps de détention, les dates de jugement etc. Le moment de détente autour de la musique est fini aujourd’hui pour ce groupe !
On arrive néanmoins à terminer l’enregistrement des voix avec les bouts de phrases qu’ils ont écrits avec la professeur de français.
SÉANCE 5 / Jeudi / 9-11h
Enregistrement du morceau de 2 minutes avec les instruments de la table puis avec les sons de la tablette
À l’issue de ces 5 séances , j’envoie au directeur pédagogique les morceaux enregistrés pour chaque participants. Un CD sera préparé pour chacun d’entre-eux et donné à leur sortie.
C’est une approche , une sensibilisation, une éducation, une analyse du corps de l’autre, par des moyens passifs ou dynamiques, verbaux ou non verbaux.
Les techniques envisagées permettent de mettra en évidence l’aspect relationnel psycho-corporel de la prise en charge.
Il ne s’agit pas de stimuler ou de détruire, mais bien de réorienter la fonction du désir.
Il est important de rendre à la personne une mémoire bienheureuse hors de l’oubli.
C’est dire le fonctionnement dynamique du kinésithérapeute à la fois pédagogue et thérapeute, toujours empreint d’humilité et de discernement.
Le kinésithérapeute essaye d’aborder , dans les faisceaux de la communication humaine, le corps désinvesti, souffrant, morcelé.
Le corps du patient exprime toute forme de souffrance liée à la pathologie.
Toute émotion dissimulée appariât dans les micro-expressions du corps.
Dans le champs d’action de la kinésithérapie , le plus important est :
– une relation de confiance
– un climat positif pendant le traitement
– toute souffrance comme toute épreuve qui vit le patient peut nous éduquer
– sentir ce qui est bon pour le patient
– s’adapter régulièrement aux besoins du patient
Dans le traitement , le kinésithérapeute doit savoir que le corps du malade peut « dire » ce que l’esprit « pense » mais aussi que le corps peut ne pas exprimer ce que l’esprit pense et que la parole peut être un contre-sens du corps.
les massages (dialogue mains-corps, peau à peau). L’établissement d’une relation par le massage prend le sens de l’établissement d’un dialogue, d’une communication non verbale.
les enveloppements humides (packs) qui devient avant tout une possibilité d’écoute de la parole et du silence du patient.
Dans le cadre de certaines séances de détente ou d’expressivité corporelle , la musique peut jouer un rôle inducteur à certains états psycho-corporels. L’impact psycho-physiologique favorise l’hypotonie
la danse comporte une part de mime et de rythme en musique, la technique de toute danse consiste en effet en la reproduction d’un ensemble musical en un langage corporel.
Les techniques de détente et de relaxation , accompagnées ou non de passages musicaux, de placements de la colonne lombaire, de mobilisation de la cage thoracique , envisagent le sensibilisation de l’individu soit à une prise de conscience respiratoire , soit à un travail de l’image corporelle soit à une redécouverte du schéma corporel.
Tout acte moteur, tout geste, est chargé d’affects, de symbolisme. Dans ce sens, tout acte peut être représentatif d’un contenu relationnel.
« Unis-Sons est un projet établi sur Bordeaux, qui rassemble des partenaires du secteur du handicap, du médico-social, de la culture et de la formation professionnelle du spectacle vivant.
L’expression musicale est au coeur de ce projet, son ambition est de réunir, de mixer des publics différents qui ont en commun une pratique artistique.
Il s’agit de profiter de ce dispositif pour former une unité, un ensemble regroupant des personnes en situation de handicap, des musiciens en cycle de formation professionnelle, des musiciens professionnels, des professeurs de musique et des professionnels du secteur médicosocial ,cherchant à enrichir leur parcours grâce à cette expérience atypique. »
Unis-Sons a été créé par Stéphane Czeski, musicien, musicothérapeute, multiinstrumentistes et compositeur.
Il intervient au sein d’établissements spécialisés depuis une vingtaine d’années et revendique l’égalité des chances au travers de l’expression et des arts.
Je suis Julie Hosteins, professeur de flûte traversière.
J’ai suivi une formation classique au conservatoire de Bordeaux qui m’a naturellement amenée vers l’enseignement. Cependant j’ai toujours été intéressé par la Musicothérapie et les ateliers de musique adaptée pour des personnes en difficulté ou en situation de handicap.
J’ai intégré Unis-Sons en tant que musicienne afin de partager une aventure musicale et humaine inédite et de développer ma vision de l’apprentissage de la musique et des biens faits qu’elle peut apporter.
J’ai donc décidé de me former à la musicothérapie avec l’AMBx afin d’élargir mes
compétences, de m’ouvrir à d’autres méthodes et de travailler différemment.
Les Participants
Le public visé par le collectif (au sens large du terme, collectif d’associations et collectif humain) Unis-Sons correspond pour la plupart à des personnes handicapées à la suite d’un traumatisme crânien (accident de la vie, accident de voiture…). Les participants souffrent de troubles fonctionnels physiques, psycho-comportementaux et neuropsychologiques et cognitifs. Ils ont atteint la phase séquellaire : ils ne sont plus susceptibles d’évoluer car leurs incapacités sont
stabilisées, néanmoins ils peuvent progresser par adaptation.
Les blessés jouent ainsi des percussions qui sont adaptées à leur handicap, Djembe,
darbouka, conga avec baguette, surdo….
Les musiciens accompagnant les blessés sont issus du CIAM (Centre d’Information et d’Activités Musicales), en formation professionnelle et des musiciens amateurs ou professionnels dirigés par Stéphane Czeski.
La maternité, moment de plénitude, de bonheur peut aussi selon les profils devenir une période compliquée d’un point de vue médical, psychologique ou social.
Au fil des pages, le lecteur découvrira le suivi d’une jeune femme enceinte, à travers les déroulements de séances de musicothérapie.
Comment, en partant d’une demande de chant prénatal, la musicothérapie a répondu à cette demande pour parvenir ensuite à un développement du potentiel créatif.
Musicienne, musicothérapeute, Cathy Jouannin nous livre par cet écrit une expérience originale et originelle. Mélangeant avec pertinence ses acquis de l’Atelier de Musicothérapie de Bordeaux et son parcours professionnel éclectique, cette musicienne offre une vision novatrice sur l’approche de la maternité.